Alors que l’horlogerie française tente de poursuivre son renouveau, une jeune maison venue de Bretagne s’apprête à jeter l’ancre dans le paysage horloger hexagonal : Abordage. Fondée à Saint-Malo, la marque s’inscrit pleinement dans la dynamique de ce que j’appelle le “vrai Made in France », avec une ambition claire : réaffirmer la richesse d’un patrimoine horloger trop longtemps éclipsé par d’autres régions et porter haut les couleurs d’un savoir-faire enraciné dans l’histoire maritime.


J’ai eu la chance de passer un moment avec Guillaume, l’un des fondateurs de la marque, et c’est en l’écoutant me raconter son histoire et l’histoire d’Abordage que je me suis dit : “Ah ouais, là on est vraiment sur du sérieux et sur des passionnés qui savent exactement où ils veulent aller”.
Rien n’a été laissé au hasard, ce projet a été travaillé dans le moindre détail et c’est vraiment ce que j’ai le plus apprécié, et ce pourquoi je vous emmène avec moi découvrir la collection 1712 d’Abordage.
Une aventure née à Saint-Malo
L’histoire d’Abordage est avant tout celle de deux frères : Guillaume et Xavier, passionnés d’horlogerie, d’histoire et de leur région natale. À travers leur marque, ils souhaitent redonner ses lettres de noblesse à l’horlogerie bretonne, souvent oubliée au profit de Besançon ou de la Suisse.
Enracinée dans les récits des grands navigateurs et corsaires malouins comme Surcouf ou Duguay-Trouin, Abordage ne se contente pas d’un simple clin d’œil au passé. Elle revendique une identité forte, entre exploration, innovation et tradition, et se veut l’avant-garde d’une horlogerie française audacieuse, à la fois patrimoniale et contemporaine.

Ajoutez à cela des matériaux de qualité, un savoir-faire français et une valeur qui m’est chère : la transparence. En effet, 99 % de cette montre est fabriquée en France. Oui, vous avez bien lu. Je ne vous parle pas d’une montre assemblée en France, mais bien produite en France presque en totalité. On aura l’occasion de revenir là-dessus au long de l’article.
Abordage collection 1712 : un hommage à Duguay-Trouin.
Car il y a un début à chaque histoire, la première embarcation de cette nouvelle aventure, la collection 1712, rend hommage à René Duguay-Trouin, célèbre corsaire malouin du XVIIe siècle.
Cette date n’a pas été choisie au hasard : c’est l’année où il ramène à Saint-Malo la cloche « Noguette », devenue depuis un symbole de la cité corsaire. Chaque pièce de la collection incarne cette volonté de conjuguer élégance, références historiques et caractère maritime.
Pensée comme une dresswatch, la 1712 est une montre élégante, conçue pour être portée aussi bien lors d’un bel événement que dans les moments du quotidien, toujours avec cette évocation de l’océan en toile de fond.
Parlons peu, parlons bien, entrons dans le vif du sujet.
Un boîtier travaillé à la silhouette nautique.
Le boîtier de la 1712 affiche des dimensions relativement équilibrées, avec 39 mm de diamètre pour 9,5 mm d’épaisseur (hors verre saphir) et une longueur corne à corne de 47 mm. Fabriqué en acier 316L, il alterne un délicieux jeu de finitions polies et satinées pour jouer avec la lumière.
Les flancs arborent un brossé horizontal, tandis que la partie supérieure des cornes est entièrement polie. Ce que j’apprécie grandement sur ce modèle, c’est cette lunette concave polie qui offre un beau relief.
Le profil rentrant de la carrure évoque la coque tendue d’un voilier, tandis que la couronne vissée s’inspire clairement des winchs utilisés pour régler les voiles. Un clin d’œil élégant et fonctionnel qui renforce l’identité nautique de la pièce.



J’apprécie particulièrement le détail du petit anneau coloré sur la couronne, qui fait directement écho à la couleur du cadran.
Le logo de la marque est également gravé sur cette couronne bien proportionnée et facile à prendre en main.
Pour finir sur ce boîtier entièrement fabriqué en France, un joli fond de boîte en verre saphir est vissé à l’aide de 6 petites vis, ce qui, personnellement, me fait penser à un hublot, bien qu’il n’y en avait pas sur les bateaux à cette époque. (Enfin, je crois.)
Un cadran guilloché et trois teintes bien ancrées.
Côté cadran, ici aussi, nous avons droit à une fabrication entièrement française, du cadran aux aiguilles. C’est la partie la plus importante sur une montre, et pour une première, je le trouve très réussi.



La collection 1712 se décline en trois couleurs : Noir, Bleu et Glaz, ce dernier étant un terme breton désignant une teinte oscillant entre bleu canard, vert et gris, rappelant les variations de la mer bretonne. C’est personnellement ma couleur préférée sur cette première série. Chaque cadran arbore la même architecture et est ornementé d’un guillochage finement réalisé au laser, apportant du relief et de la profondeur. Les index appliqués accentuent la lisibilité, et le logo de la marque trône à 12 h.


Les aiguilles “lance” renforcent l’élégance classique de la montre, tandis que l’aiguille des secondes, d’un rouge éclatant, fait référence au pavillon rouge hissé par les corsaires avant un abordage. Un détail hautement symbolique, tout comme le chiffre 35 sur le chemin de fer (en rouge également), clin d’œil au code postal de Saint-Malo.


Vous l’aurez compris, le diable se cache dans les détails, et pour une jeune marque qui débarque, je trouve cela vraiment bien réalisé. À noter également la mention “Automatique” et le drapeau tricolore à 6 h, qui, pour le coup, a toute sa place sur ce cadran.

Abordage 1712 : Un mouvement français au cœur du projet
Ils sont ici, les 0,5 % non fabriqués en France, puisque le calibre qui fait vivre ce projet est un mouvement franco-suisse.
À l’intérieur, Abordage frappe fort en intégrant un mouvement France Ébauches, acteur majeur du renouveau de l’industrie horlogère française. Ce calibre automatique bat à 28 800 alternances par heure, offre une réserve de marche de 44 heures et se pare d’une masse oscillante ajourée et gravée “Semper Fidelis”, devise de Saint-Malo.

Vous connaissez mon avis sur ce mouvement que j’affectionne beaucoup et que l’on commence à retrouver de plus en plus chez les jeunes marques françaises. Ce choix souligne la volonté de la marque de soutenir la filière française, tout en garantissant fiabilité et entretien simplifié grâce à un service après-vente entièrement basé dans l’Hexagone.
Des bracelets français de haute facture
Quand je vous propose un test complet d’une montre, vous n’êtes pas sans savoir que le bracelet tient une place importante. En effet, c’est le prolongement de l’esthétique de la montre, et s’il est mal fait, ça peut littéralement tout gâcher. Soyez sans crainte, les bracelets Abordage sont soigneusement sélectionnés.
Pour parfaire l’ensemble, les montres 1712 sont équipées de bracelets en cuir haut de gamme, fabriqués dans des maroquineries françaises. Le modèle noir est signé Bouveret, tout comme le bracelet cognac. La teinte Glaz, quant à elle, est l’œuvre de la maison Jean Rousseau.
Ce sont des bracelets hyper confortables, taillés en chute, avec une entre-cornes de 18 mm pour terminer en 16 mm au niveau de la boucle, soulignant le souci du détail qui traverse toute la collection.

Lancement, prix et avis : à l’abordage dès le 19 mai 2025.
Avec une identité forte, un ancrage régional assumé et une vraie exigence de qualité, Abordage s’impose d’ores et déjà comme une marque à suivre de très près. Plus qu’une simple montre, la 1712 est une déclaration d’intention : celle de remettre la Bretagne sur la carte de l’horlogerie française, avec passion, panache et précision. Une belle aventure qui ne fait que commencer.
Au total, le boîtier dans son intégralité (fond, carrure, lunette), le cadran, les aiguilles, le bracelet ainsi que le mouvement sont produits en France. La montre est également assemblée en France, et ça fait plaisir de voir de jeunes marques prendre des risques en allant sur ce domaine, car oui, c’est le mot. Une telle fabrication demande de gros investissements, mais le pari est réussi. Pour ma part, je trouve cette première édition très réussie.
La collection 1712 sera disponible en précommande à partir du 19 mai 2025 sur le site officiel abordage-horlogerie.com. Oui, la marque fait le choix de ne pas opter pour un Kickstarter. La période de prévente s’étend du 19 mai au 19 juin 2025.
Deux modèles, noir et bleu, seront intégrés à la collection permanente, proposés à un prix de lancement de 1 890 €, puis 2 250 € après la période de précommande.
La version Glaz, quant à elle, fera l’objet d’une édition limitée à 300 exemplaires, en hommage au François, navire légendaire de Duguay-Trouin. Elle sera proposée à 1 990 €, puis 2 500 € par la suite (enfin, s’il en reste).
La livraison est prévue pour le 4ᵉ trimestre 2025, tout pile sous le sapin avant Noël — et ça, c’est beau.
Les caractéristique de la collection Abordage 1712 :
| Boîtier | Acier inoxydable |
| Diamètre | 39 mm |
| Corne-à-cornes | 47 mm |
| Épaisseur | 11,20 mm (avec verre) |
| Verre | Saphir bombé |
| Couronne | Couronne Vissée |
| Étanchéité | 100M / 10 ATM |
| Mouvement | Automatique Français, Calibre France Ébauche |
| Bracelets | Cuir Made in France |
| Prix | 1890€ puis 2250€ |